Pourquoi se former à la prévention de la violence et de l'agressivité?

Et si on formait autant à l’agressivité… qu’aux incendies?
L’INRS recommande de réaliser des exercices d’évacuation incendie tous les 6 mois. Bien que les conséquences puissent être importantes, cela n’arrive que très rarement, fort heureusement !
Observons maintenant le niveau de risque rencontré par les professionnels qui sont confrontés à l’agressivité ou la violence au travail.
Vous répondrez sûrement : “Beaucoup plus souvent.”
Et pourtant, combien de fois votre équipe a-t-elle été formée à la gestion de ces situations ? Quelle est la date de votre dernière formation et celle de votre prochaine formation ?
Ce simple parallèle met en lumière une réalité : nous sommes souvent mieux préparés à des risques rares qu’à des situations fréquentes.
Parce que les incidents d’agressivité sont fréquents
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’INRS, 31 % des salariés déclarent vivre « souvent » ou « toujours » des tensions avec le public. Et 18 % d’entre eux déclarent avoir subi au moins une agression verbale dans l’année écoulée.
Dans les secteurs du soin et de l’accompagnement, cette réalité est encore plus marquée. En 2021, l’ONVS (L’observatoire national des violences en milieu de santé) a recensé 19 328 cas de violence (atteintes aux personnes et aux biens) dans les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux. Dans 84 % des cas, les victimes étaient des membres du personnel. Menaces, violences physiques, injures, agressions verbales : les formes sont diverses, et leurs impacts bien réels.
Parce que l'agressivité a un impact humain profond
Les conséquences des situations d’agressivité sont encore trop fréquemment sous-estimées dans les établissements. Peu d’entre elles évaluent précisément ce qu’elles perdent lorsqu’un salarié quitte son poste après un incident violent — et pourtant, ces pertes sont bien réelles, humaines autant que financières.
Les effets sur les équipes peuvent être multiples et cumulatifs :
- Un stress chronique qui s’installe et épuise,
- De l’absentéisme, une démobilisation, voire un repli collectif,
- Des arrêts maladie, des déclarations d’accidents de travail ou de troubles psychiques,
- Une détérioration de l’ambiance et de la confiance entre collègues,
- Un turnover coûteux et déstabilisant,
- Et à terme, une baisse de la qualité de l’accompagnement proposé aux usagers.
Il est difficile, parfois même douloureux, de voir un collègue s’éloigner du métier qu’il aime après une agression et qu’il parte temporairement ou définitivement. En effet, 73 % connaissent une personne qui a été en arrêt maladie en raison des phénomènes de violence et d’agressivité.
Cela crée un climat d’inquiétude, une peur silencieuse qui s’installe, et parfois une forme de ressentiment : "Pourquoi cela a-t-il été permis ? Pourquoi n’a-t-on rien fait avant ?"
Et plus l’inquiétude s’enracine, plus le risque de désengagement augmente. L’établissement entre alors dans une spirale : plus de stress, plus d’arrêts, plus de surcharge, et une qualité de service qui, peu à peu, s’effrite.
C’est une réalité que beaucoup vivent. Mais ce n’est pas une fatalité. La prévention, la formation et l’accompagnement sont des leviers puissants pour inverser la dynamique — à condition d’agir avant que la crise n’éclate.
Parce que les incidents de violence ont aussi un coût financier
Selon une étude externe de l’AFPA réalisé en 2023, le remplacement d’un salarié coûte en moyenne 150 % de son salaire brut annuel. Ce chiffre inclut les coûts liés à la rupture de contrat, au recrutement, à la formation du remplaçant, à son intégration… mais aussi la perte de productivité pendant la transition.
Chaque situation de violence qui conduit au départ d’un professionnel affaiblit l’organisation. Elle crée de la désorganisation, fragilise les équipes restantes, alourdit la charge de travail et génère des coûts évitables.
Et ces situations sont loin d’être marginales :
- 30 000 postes vacants ont été recensés en 2022 dans les secteurs sanitaire, social et médico-social
- 36 000 départs ont été enregistrés sur 4 mois, dont 50 % étaient volontaires
Dans un contexte de pénurie de personnel, chaque départ évitable est un enjeu humain et économique majeur. Agir en amont, c’est protéger les équipes et maintenir la continuité du service.
Agressivité et violence : bonnes pratiques et amélioration de la qualité
La prévention passe par un investissement humain et financier
Au vu de ces éléments, il parait essentiel que les organisations investissent dans des solutions avant que les incidents ne se produisent. À ce titre, avoir des salariés formés à la prévention, au désamorçage et aux réactions appropriées face à l’agressivité constitue réellement une « bonne pratique ». Disposer d’un formateur certifié en interne, jouant le rôle de « personne ressource » pour former et répondre aux questions directement, représente un atout en termes de prévention. En renouvelant régulièrement son accréditation, l’employeur démontre un engagement de long terme dans un processus d’amélioration continue de la qualité.
Quels résultats attendre des formations CPI?
Notre expérience internationale de plus de 40 ans, démontre des résultats concrets, mesurés auprès des professionnels formés :
- 44 % rapportent une réduction des blessures
- 20 % une baisse des déclarations d’accidents de travail
- 13 % une diminution du turn-over
- 89 % constatent une montée en compétence et en confiance
- 59 % notent un meilleur respect des obligations réglementaires
Contactez notre équipe
Vous avez une question ou souhaitez obtenir plus d'information sur nos formations ? Nous sommes à votre écoute !
Contactez-nous