Prendre en compte les traumatismes pour mieux prévenir la violence

4 septembre 2023

Les programmes de formation CPI sont en ligne avec les dernières données de recherche et de bonnes pratiques internationales, et ils incluent largement la notion d’approche tenant en compte les traumatismes (trauma-informed en anglais). En tant que professionnel de première ligne, vous pouvez intégrer cette approche au quotidien dans votre accompagnement. Une meilleure appréhension du traumatisme et de son impact peut vous aider à réduire les comportements agressifs et les incidents liés à la violence dans votre établissement. 

Pour mieux le comprendre, dans cet article, nous allons aborder les questions suivantes : 
Quels peuvent être les effets du traumatisme sur les comportements ? 
Quels sont les principes à appliquer pour avoir une approche tenant compte des traumatismes ? 
Comment les appliquer concrètement au quotidien ? 
Enfin, comment cela influence-t-il les bonnes pratiques à l’international en matière de pratiques restrictives de la liberté d’aller et de venir (isolement et contention) ? 

Les effets du traumatisme sur les comportements 

Les personnes ayant subi des expériences traumatisantes peuvent être sujettes à des crises en raison de leur vulnérabilité physique et émotionnelle. 

Une expérience traumatique antérieure peut constituer un déclencheur puissant de crise, où la personne peut se retrouver plongée dans un état complexe sur le plan émotionnel, cognitif et comportemental. 

Elle peut devenir un risque pour elle-même et pour autrui ou trouver difficile de prendre soin d'elle-même.

Afin de réduire ces risques et ces situations de crise, l'OMS recommande des interventions spécifiques comme : 

  • l'accompagnement social, 
  • le recours aux premiers secours psychologiques 
  • et le travail avec les personnes pour identifier et renforcer leurs compétences d'adaptation et de gestion du stress (source : OMS, 2013).

Les principes de l'approche tenant compte des traumatismes 

Au-delà des recommandations de l'OMS, "l'approche tenant compte des traumatismes" constitue une bonne pratique professionnelle reconnue lorsqu'on travaille avec des personnes qui en souffrent. 

Cette approche reconnaît les capacités et les forces de la personne et la considère comme devant être au cœur de son propre rétablissement (Rossiter & Scott, 2017). 

Elle s'appuie sur un ensemble de principes qui permettent de soutenir le travail thérapeutique des personnes souffrant d'un traumatisme :

  • La protection, qui consiste à offrir des conditions de soin et d'accompagnement qui garantissent un sentiment de bien-être physique et émotionnel.
  • La fiabilité, qui consiste à établir une relation mutuelle de confiance et de respect.
  • Le choix, qui consiste à reconnaître les capacités de la personne à prendre des décisions pour elle-même.
  • La collaboration, qui consiste à travailler avec la personne en tenant compte de ses objectifs et de ses aspirations. 
  • Enfin l’autonomisation, qui consiste à reconnaître et à utiliser les ressources et la résilience de la personne (Rossiter & Scott, 2017). 

Comment inclure l’approche tenant compte des traumatismes dans son travail au quotidien ?

Voici quelques illustrations concrètes d'une mise en application de l'approche tenant compte des traumatismes (Ministère de la Santé Britannique, 2016) :

  • Prendre le temps et se montrer disponible : en écoutant avec empathie et en insufflant des pensées positives. Le fait d'être aux côtés des personnes les aide à aller mieux.
  • Se montrer patient, laisser du temps et de l'espace aux personnes. Surmonter des évènements traumatiques, cela demande du temps. Il peut arriver que la personne se montre irritable, se mette en colère ou préfère rester seule.
  • Reconnaître les émotions et les réactions de la personne. Il faut éviter de minimiser les signes associés au traumatisme. Au contraire, il faut montrer que l'on est aux côtés de la personne lorsqu'elle essaye de gérer et comprendre ce qui lui arrive.
  • Reconnaître la nécessité de demander de l'aide à des spécialistes ou à d'autres professionnels lorsque la personne commence à présenter un comportement à risque pour elle-même ou pour les autres et qu'elle commence à perdre sa capacité à prendre raisonnablement soin d'elle-même (par exemple en refusant de manger et de boire ou en se privant de sommeil).

Les bonnes pratiques internationales sur le traumatisme

Isolement, contention, pratiques restrictives : éviter le traumatisme

Le fait de subir une restriction de sa liberté, par la contention, l'isolement ou n'importe quelles autres pratiques restrictives, constitue une expérience extrêmement traumatisante pour une personne. 

La position de CPI sur ce sujet, que l’on retrouve au cœur de nos programmes de nos formations, est en ligne avec les recommandations de bonnes pratiques à l’international. 

Le recours aux pratiques restrictives, telles que la contention et l'isolement, peuvent s'avérer nécessaires pour assurer la sécurité de chacun face à un risque imminent ou immédiat, mais il doit toujours être proportionné, raisonnable et limité aux situations de dernier recours, dans l'optique de réduire le risque traumatique.

Inclure les approches tenant compte des traumatismes (‘trauma-informed’) au sein des formations des professionnels

Dans d'autres pays que la France, la formation des professionnels des métiers du soin et de l'accompagnement est régulée. Cela signifie que des organismes spécialisés définissent en amont les standards de qualité et les contenus indispensables que l'on doit retrouver au sein des formations pour s'assurer de leur pertinence. 

Au Royaume Uni, l'organisme responsable de cette régulation porte le nom de Restraint Reduction Network (RRN - Réseau de Réduction des Pratiques Restrictives). L'une des recommandations du RRN consiste à intégrer la notion de traumatisme ou de psychotraumatisme aux formations qui visent à équiper les professionnels d'outils de prévention, de désamorçage et de gestion de l'agressivité et la violence. 

En lien avec les exigences de cet organisme régulateur, CPI a développé et intégré la prise en compte des traumatismes dans tous ses programmes à l’international, y compris pour la France.

Note : Nos formateurs Français ont adapté cet article d’un article initialement paru sur notre site anglais, afin de faire part du point de vue de notre formateur professionnel Francis Florencio.

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